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about

#45.
Un-public Monday afternoon session on July 24th 2017 at La Générale Nord-Est, avenue Parmentier, Paris XI. With Edith Valdy (voice), Arnaud Le Glanic (voice), Juliette Bineau (steps, percussion, voice), Hector Castells-Matutano (guitar), Uspudo (piano, Farfisa organ), Marc Plas (super 8mm filmprojector), Sig Valax (persephone), FlexRex (no-input table + electronics), Emmanuel Rébus (vieux electronics, dictaphone), Har$ (dictaphones, Korg MS20, piano)

The French text read by Edith Valdy is from Paul Claudel's play 'Le Soulier de Satin, ou Le pire n'est pas toujours sûr' (1929).

credits

released August 11, 2017

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unpublic Paris, France

"the only difference with a concert is, these are not concerts"

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Track Name: uP 201 (Le Père Jésuite - take 1)
Le Père Jésuite (take 1) [from: Paul Claudel - Le Soulier de Satin (Scène I)]

"[...]
Tout a expiré autour de moi, tout [ a été] consommé sur cet étroit autel qu'encombrent les corps [...] de mes sœurs l'une sur l'autre ...
Tout a expiré autour de moi, tout [ a été] consommé sur cet étroit autel qu'encombrent les corps [...] de mes sœurs l'une sur l'autre, la [vengeance] sans doute ne pouvait se faire sans désordre.
Mais tout après un peu de mouvement est rentré dans la grande paix paternelle.
Et si je me croyais abandonné, je n'ai qu'à attendre le retour de cette puissance immanquable sous moi qui me reprend et me remonte avec elle comme si pour un moment je ne faisais plus qu'un avec le réjouissement de l'abîme.
Cette vague voici bientôt la dernière pour m'emporter
[...]
Je me suis donné à Dieu et maintenant [...] le jour du repos et de la détente est venu et je puis me confier à ces liens qui m'attachent.
On parle d'un sacrifice quand à chaque choix à faire il ne s'agit que de ce mouvement presque imperceptible comme [...].
C'est le mal seul à dire vrai qui exige un effort, puisqu'il est contre la réalité, se disjoindre à ces grandes forces continues qui de toutes parts nous adoptent et nous engagent.
Et maintenant voici la dernière oraison de cette messe qui mêlé déjà à la mort je célèbre par le moyen de moi-même : Mon Dieu, je vous prie pour mon frère Rodrigue ! Mon Dieu, je vous supplie pour mon fils Rodrigue !
Je n'ai pas d'autre enfant, ô mon Dieu, et lui sait bien qu'il n'aura pas d'autre frère.
Vous le voyez qui d'abord s'était engagé sur mes pas sous l'étendard qui porte votre monogramme, et maintenant sans doute parce qu'il a quitté notre noviciat et il se figure qu'il vous tourne le dos,
Son affaire à ce qu'il s'imagine n'étant pas d'attendre mais de conquérir et de posséder.
Ce qu'il peut, comme s'il y avait rien qui ne Vous appartînt et comme s'il pouvait être ailleurs que là où Vous êtes.
Mais, Seigneur, il n'est pas si facile de Vous échapper, et s'il ne va pas à Vous parce qu'il a de clair, qu'il y aille parce qu'il a d'obscur, et parce qu'il a de direct, qu'il y aille parce qu'il a d'indirect, et parce qu'il a de simple.
Qu'il y aille parce qu'il a en lui de nombreux, et de laborieux et de entremêlé,
Et s'il désire le mal, que ce soit un tel mal qu'il ne soit compatible qu'avec le bien.
Et s'il désire le désordre, un tel désordre qu'il implique l'ébranlement et la fissure de ces murailles autour de lui qui lui barraient le salut,
Je dis à lui et à cette multitude avec lui qu'il implique obscurément,
Car il est de ceux-là qui ne peuvent se sauver qu'en sauvant toute cette masse qui prend leur forme derrière eux.
Et déjà Vous lui avez appris le désir mais il ne se doute pas encore ce que c'est que d'être désiré.
Apprenez-lui que Vous n'êtes pas le seul à pouvoir être absent ! Liez-le par le poids de cet autre être sans lui si beau qui l'appelle à travers l'intervalle !
Faites de lui un homme blessé parce qu'une fois en cette vie il a vu la figure d'un ange.
Remplissez ces amants d'un tel désir qu'il implique à l'exclusion de leur présence dans le hasard journalier
L'intégrité primitive et leur essence même telle que Dieu les a conçus autrefois dans un rapport inextinguible.
Et ce qu'il essayera de dire misérablement sur la terre, je suis là pour le traduire dans le ciel. "
Track Name: uP 202 (Le Père Jésuite - take 2)
Le Père Jésuite (take 2) [from: Paul Claudel - Le Soulier de Satin (Scène I)]

" Seigneur, je vous remercie de m'avoir ainsi attaché !
[... P]arfois il m'est arrivé de trouver vos commandements pénibles et ma volonté en présence de votre règle
Perplexe rétive.
Mais aujourd'hui il n'y a pas moyen d'être plus serré à vous que je ne le suis et j'ai beau vérifier chacun de mes membres, il n'y en a plus un seul qui de vous soit capable de s'écarter si peu.
Et c'est vrai que je suis attaché à la croix, mais la croix où je suis n'est plus attachée à rien. Elle flotte sur la mer.
La mer libre à ce point où la [limite] du ciel connu s'efface
Et qui est à égale distance de ce monde ancien que j'ai quitté
Et de l'autre nouveau.
Tout a expiré autour de moi, tout [a été] consommé sur cet étroit autel qu'encombrent les corps [...] de mes sœurs l'une sur l'autre, la [vengeance] sans doute ne pouvait se faire sans désordre.
Mais tout après un peu de mouvement est rentré dans la grande paix paternelle.
Et si je me croyais abandonné, je n'ai qu'à attendre le retour de cette puissance immanquable sous moi qui me reprend et me remonte avec elle comme si pour un moment je ne faisais plus qu'un avec le réjouissement de l'abîme.
Cette vague voici bientôt la dernière pour m'emporter
Cette vague voici bientôt la dernière pour m'emporter
[...]
Je me suis donné à Dieu et maintenant [...] le jour du repos et de la détente est venu et je puis me confier à ces liens qui m'attachent.
On parle d'un sacrifice quand à chaque choix à faire il ne s'agit que de ce mouvement presque imperceptible comme de [l'âme].
C'est le mal seul à dire vrai qui exige un effort, puisqu'il est contre la réalité, se disjoindre à ces grandes forces continues qui de toutes parts nous adoptent et nous engagent.
Et maintenant voici la dernière oraison de cette messe qui mêlé déjà à la mort je célèbre par le moyen de moi-même : [Ô m]on Dieu, je vous prie pour mon frère Rodrigue ! Mon Dieu, je vous supplie pour mon fils Rodrigue !
Je n'ai pas d'autre enfant, ô mon Dieu, et lui sait bien qu'il n'aura pas d'autre frère.
Vous le voyez qui d'abord s'était engagé sur mes pas sous l'étendard qui porte votre monogramme, et maintenant sans doute parce qu'il a quitté notre noviciat et il se figure qu'il vous tourne le dos,
Son affaire à ce qu'il s'imagine n'étant pas d'attendre mais de conquérir et de posséder.
Ce qu'il peut, comme s'il y avait rien qui ne Vous appartînt et comme s'il pouvait être ailleurs que là où Vous êtes.
Mais, Seigneur, il n'est pas si facile de Vous échapper, et s'il ne va pas à Vous parce qu'il a de clair, qu'il y aille parce qu'il a d'obscur, et parce qu'il a de direct, qu'il y aille parce qu'il a d'indirect, et parce qu'il a de simple.
Qu'il y aille parce qu'il a en lui de nombreux, et de laborieux et de entremêlé,
Et s'il désire le mal, que ce soit un tel mal qu'il ne soit compatible qu'avec le bien.
Et s'il désire le désordre, un tel désordre qu'il implique l'ébranlement et la fissure de ces murailles autour de lui qui lui barraient le salut,
Je dis à lui et à cette multitude avec lui qu'il implique obscurément,
Car il est de ceux-là qui ne peuvent se sauver qu'en sauvant toute cette masse qui prend leur forme derrière eux.
Et déjà Vous lui avez appris le désir mais il ne se doute pas encore ce que c'est que d'être désiré.
Apprenez-lui que Vous n'êtes pas le seul à pouvoir être absent ! Liez-le par le poids de cet autre être sans lui si beau qui l'appelle à travers l'intervalle !
Faites de lui un homme blessé parce qu'une fois en cette vie il a vu la figure d'un ange.
Remplissez ces amants d'un tel désir qu'il implique à l'exclusion de leur présence dans le hasard journalier
L'intégrité primitive et leur essence même telle que Dieu les a conçus autrefois dans un rapport inextinguible.
Et ce qu'il essayera de dire misérablement sur la terre, je suis là pour le traduire dans le ciel. "
Track Name: uP 203 (l'Ange Gardien)
l'Ange Gardien [from: Paul Claudel - Le Soulier de Satin (Scène XII)]


" Et moi, est-ce que j'aurais été choisi pour la garder sans une sécrète parenté avec elle ?
Enfin elle est tout de même venue à bout de ces ronces et de ces épines charitables qui voulaient la retenir. La voici qui apparait sur le rebord du fossé.
Oui, tu es belle, ma pauvre enfant, avec ces cheveux défaits, dans ce costume indécent.
Ces joues couvertes de terre et de sang, et ce regard dans tes yeux qui me fait mal de résolution et de folie.
Ah, tu me fais honneur et j'ai plaisir à montrer ainsi ma pauvre sœur ! Si seulement il n'y avait personne pour nous voir !
[...]
Elle dit qu'elle est seule !
[...]
Hélas !
[...]
Nous ne voulions d'autre prison pour toi que l'honneur.
[...]
Il va payer ta fuite de sa vie.
[...]
Il est encore temps de perdre ton âme.
[...]
Il vit.
[...]
Ce n'est point l'amour de Prouhèze qui l'empêchera de mourir.
[...]
Ecoutez avec quelle horrible facilité elle parle de déposer cette âme qui ne lui appartient pas et qu'il a coûté tant de peine à faire et à racheter.
[...]
Essaye donc de le rejoindre.
[...]
Il me serait facile de te maintenir ici si je le voulais.
[...]
Porte lui donc ce cœur où mon talon s'est posé.
[...]
Vois où tu vas m'amener.
[...]
Je regarde Dieu.
[Hélas...
Je regarde Dieu
...]
Hélas ! j'entends une autre voix dans le feu qui dit : Prouhèze !
[...
Il était plus long encore jusqu'au Calvaire !
...]
Tu es à lui ? C'est toi qui le rempliras avec ton corps d'excommuniée ?
[...]
On ne lui ôtera pas cette idée de sa petite tête stupide.
[...]
En marche !
[...]
Et moi, je t'accompagne. "

" Regardez-là qui se démène au milieu des épines et des lianes entremêlées, glissant, rampant, se rattrapant, des ongles et des genoux essayant de gravir cette pente abrupte ! et ce qu'il y a dans ce cœur désespéré !
Qui prétend que les Anges ne peuvent pas pleurer ?
Est-ce que je ne suis pas une créature comme elle ? est-ce que les créatures de Dieu ne sont rattachées par aucun lien ?
Ce qu'ils appellent la souffrance, est-ce que cela se passe dans un monde à part et de tout le reste exclu ? est-ce qu'elle échappe à notre vision ? est-ce qu'elle est une chose agréable à contenir pour cet être qui embrasse son objet ? "

" Regardez-là qui se démène au milieu des épines et des lianes entremêlées, glissant, rampant, se rattrapant, des ongles et des genoux essayant de gravir cette pente abrupte ! et ce qu'il y a dans ce cœur désespéré ! "
{{...}}

" Regardez-là qui se démène au milieu des épines et des lianes entremêlées, glissant, rampant, se rattrapant, des ongles et des genoux essayant de gravir cette pente abrupte ! et ce qu'il y a dans ce cœur désespéré !
{{...}}
Qui prétend que les Anges ne peuvent pas pleurer ?
Est-ce que je ne suis pas une créature comme elle ? est-ce que les créatures de Dieu ne sont rattachées par aucun lien ? "

{{...}}
Track Name: uP 205 (Le Père Jésuite - take 3)
Le Père Jésuite (take 3) [from: Paul Claudel - Le Soulier de Satin (Scène I)]

" Seigneur, je vous remercie de m'avoir ainsi attaché !
Et parfois il m'est arrivé de trouver vos commandements pénibles et ma volonté en [votre] présence [...]
Perplexe rétive.
Mais aujourd'hui il n'y a pas moyen d'être plus serré à vous que je ne le suis et j'ai beau vérifier chacun de mes membres, il n'y en a plus un seul qui de vous soit capable de s'écarter si peu.
Et c'est vrai que je suis attaché à la croix, mais la croix où je suis n'est plus attachée à rien. Elle flotte sur la mer.
La mer libre à ce point où la [limite] du ciel connu s'efface
Et qui est à égale distance de ce monde ancien que j'ai quitté
Et de l'autre nouveau.
Tout a expiré autour de moi, tout [a été] consommé sur cet étroit autel qu'encombrent les corps [...] de mes sœurs l'une sur l'autre, la vendange sans doute ne pouvait se faire sans désordre.
Mais tout après un peu de mouvement est rentré dans la grande paix paternelle.
Et si je me croyais abandonné, je n'ai qu'à attendre le retour de cette puissance immanquable sous moi qui me reprend et me remonte avec elle comme si pour un moment je ne faisais plus qu'un avec le réjouissement de l'abîme.
[...]
Je me suis donné à Dieu et maintenant [...] le jour du repos et de la détente est venu et je puis me confier à ces liens qui m'attachent.
On parle d'un sacrifice quand à chaque choix à faire il ne s'agit que de ce mouvement presque imperceptible comme de [l'âme].
C'est le mal seul à dire vrai qui exige un effort, puisqu'il est contre la réalité, se disjoindre à ces grandes forces continues qui de toutes parts nous adoptent et nous engagent.
Et maintenant voici la dernière oraison de cette messe qui mêlé déjà à la mort je célèbre par le moyen de moi-même : Mon Dieu, je vous prie pour mon frère Rodrigue ! [Mon Dieu, je vous supplie pour mon frère Rodrigue !] Mon Dieu, je vous supplie pour mon fils Rodrigue !
Je n'ai pas d'autre enfant, ô mon Dieu, et lui sait bien qu'il n'aura pas d'autre frère.
Vous le voyez qui d'abord s'était engagé sur mes pas sous l'étendard qui porte votre monogramme, et maintenant sans doute parce qu'il a quitté notre noviciat et il se figure qu'il vous tourne le dos,
Son affaire à ce qu'il s'imagine n'étant pas d'attendre mais de conquérir et de posséder.
Ce qu'il peut, comme s'il y avait rien qui ne Vous appartînt et comme s'il pouvait être ailleurs que là où Vous êtes.
Mais, Seigneur, il n'est pas si facile de Vous échapper, et s'il ne va pas à Vous parce qu'il a de clair, qu'il y aille parce qu'il a d'obscur, et parce qu'il a de direct, qu'il y aille parce qu'il a d'indirect, et parce qu'il a de simple.
Qu'il y aille parce qu'il a en lui de nombreux, et de laborieux et de entremêlé,
Et s'il désire le mal, que ce soit un tel mal qu'il ne soit compatible qu'avec le bien.
Et s'il désire le désordre, un tel désordre qu'il implique l'ébranlement et la fissure de ces murailles autour de lui qui lui barraient le salut,
Je dis à lui et à cette multitude avec lui qu'il implique obscurément,
Car il est de ceux-là qui ne peuvent se sauver qu'en sauvant toute cette masse qui prend leur forme derrière eux.
Et déjà Vous lui avez appris le désir mais il ne se doute pas encore ce que c'est que d'être désiré.
Apprenez-lui que Vous n'êtes pas le seul à pouvoir être absent ! Lez-le par le poids de cet autre être sans lui si beau qui l'appelle à travers l'intervalle !
Faites de lui un homme blessé parce qu'une fois en cette vie il a vu la figure d'un ange.
Remplissez ces amants d'un tel désir qu'il implique à l'exclusion de leur présence dans le hasard journalier
L'intégrité primitive et leur essence même telle que Dieu les a conçus autrefois dans un rapport inextinguible.
Et ce qu'il essayera de dire misérablement sur la terre, je suis là pour le traduire dans le ciel. "